28/06 : Il était une fois Nicolas Verville…

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Chapitre XXIII

Nicolas Verville

 

La Reine s’avança vers le hublot, laissant derrière elle un léger brouillard d’écailles bleutées. Les courtisans se regardèrent, resserrèrent contre leur corps leurs élytres sombres. L’inquiétude se lisait dans chaque facette de leurs yeux. Derrière le cristal poli, la plaine desséchée s’étendait à l’infini. Les soleils étaient sur le point de se coucher. Un frémissement agita les antennes de la souveraine, signes d’une vive agitation.

— Conseiller, vous dites que la fécondation a réussi ?

— Majesté, nous en sommes presque certains.

— Presque ? Que voulez-vous dire ?

— Eh bien, il semble que ces… humains, soient plus complexes que prévu. Le mâle que nous avons choisi, un nommé Pierre…

— Que m’importe les noms que se donnent ces mammifères ! Allez droit au but !

— Oui, Majesté. Il semble que la pionnière que nous avons envoyée ait développé… certaines interactions… les humains appellent cela Amour… avec le mâle que nous avions choisi.

— Quelle importance, si elle a été fécondée ? N’aurons-nous pas dans trois mois un milliard de naissances, de quoi prendre le contrôle de ce monde et anéantir les répugnantes créatures qui y rampent ? N’aurons-nous pas dans six mois rétabli la splendeur de Psychémale ?

— Pas si la pionnière en décide autrement. Il semble qu’elle ait des velléités de garder son apparence humaine. De refuser la métamorphose. De devenir humaine elle-même.

Dans sa colère, la reine étendit largement ses ailes irisées. Le geste était inconvenant en dehors de la parade nuptiale, et mettait tristement en lumière les outrages de la vieillesse. La reine allait mourir. Tous baissèrent les yeux.

— Qu’attendez-vous pour détruire  ce… Pierre ?

— Madame, nous avons envoyé plusieurs secousses, assez pour anéantir un esprit bien plus fort, mais il possède une défense contre laquelle nos armes mentales sont impuissantes.

— Une défense, dites-vous ?

— Oui, une reconfiguration, pendant leurs périodes d’inconscience. Ils appellent cela le rêve.

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24/06 : Il était une fois Sur Mon Fil…

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Chapitre XXII

Sur Mon Fil

C’est une sensation extrêmement particulière que de se réveiller intubé sur un lit d’hôpital…
Et aussi de sentir qu’on vient de vivre une expérience assez unique.
Tenter de se rassembler, de comprendre.
Ce visage grave à ses côtés… Il le connaît.
George !
« Mon petit vieux, tu nous as fait une de ces peurs !
Quelle idée de remettre le casque sans personne avec toi, pour vérifier si tu avais bien enfin résolu le bug.
Je te rappelle qu’on a Irène et Maud pour ça. »
La vue de Pierre est encore un peu pixelisée, mais il a trouvé la raison du bug.
Juste encore quelques réglages et la technique sera au point.
En revanche, il avait bien eu le temps de réfléchir au scénario durant ce moment d’infini instantané.
Y mettre du cul est LA bonne idée ; c’est la lubricité de ses deux testeuses qui avait mis ça en évidence.
Mais il faut qu’on soit plus fins.
PSYCHEMALE, excellent idée d’accroche ; on se croirait dans Citizen Kane.
A la limite, pour renforcer l’hommage, on aurait pu prendre ROSEBUD, avec un double clin d’œil graveleux.
Soyons fous, lançons-nous dans un scénario à la 50 nuances (c’est nul mais ça se vend parfaitement).
On oubliera la référence à Lost avec la secousse 10.0611, mais on garde l’idée de récurrence du train qui est excellente. Pierre avait pensé à Inception, dont le concept irait parfaitement dans son Monde virtuel.
En revanche, on va quand même avoir un souci.
Et ça, George ne le sait pas encore.
On a un nouveau bug, mon pote : je me demande si Irène et Maud n’auraient pas trouvé un moyen de se connecter sans le casque. Je crois bien avoir vu Marie et Lætitia baiser sans retenue dans des recoins lors de mes vérifications, alors qu’elles n’étaient pas officiellement connectées.
En fait…
Je crois même qu’on a fait un très joli plan à trois et qu’à force de les démonter virtuellement j’en ai eu cet infarctus.
C’est confus et on en restera officiellement à la crise dans le wagon.
Mais putain, comment ont-elles fait ?!
A moins que…

 

22/06 : Il était une fois Ragnarr…

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Chapitre XXI

Ragnarr

 

Alors sans savoir pourquoi, Pierre ne pensa plus à lui. Il se dit que demain, quand le nouveau jour se lèverait, tous ses amis se sentiraient un peu plus seuls. Parce qu’il serait mort. Là sur un quai de gare retrouvé étendu sur le sol, au pied du train, avec un papier dans la main,  mort d’une crise cardiaque en serrant un mot que personne ne comprendrait. On aurait pu le retrouver, couché au pied d’un arbre avec un couteau entre les dents, ou sur le sol de sa cuisine, une tomate éventrée sous le ventre, ou au volant de sa voiture dans les reflets bleus d’un glacier, peu importe, pour aucun de ses amis, il n’aurait pas été à sa place, quoi qu’il en soit.

La douleur insupportable dans sa poitrine n’empêchait pourtant en rien Marie d’être en permanence présente dans ses pensées.

Il n’aurait pas su, pas eu le temps de l’apprivoiser, pas su dompter ses peurs, pas pu faire naître son corps sous ses doigts. Une fois encore, Pierre aurait voulu réécrire leur histoire, le récit de deux corps constamment en train de se découvrir, se rechercher, se dévoiler. Mais pour ça, il lui aurait fallu du temps. Du temps pour eux, du temps à lui offrir.  Il aurait encore voulu profiter de ses mains, de ses caresses, de ses lèvres et de ses baisers dans le cou, il aurait voulu encore être soulevé par la tempête, comme dans ce train qui l’avait vu propulsé au-delà du réel. Il aurait encore voulu être comme cet enfant devant un spectacle féerique, il voulait encore des étoiles qui brillent dans ses yeux, des rires incontrôlés et des larmes qui coulent de trop de bonheur.

Une fois de plus, il aurait voulu être emporté et il en était sûr maintenant que la vie semblait le quitter. Marie était la femme. Sans ses yeux plongés dans les siens  il était un désert. Maintenant qu’ils se fermaient, inexorablement, ce sont ses mains qui retrouvaient de la mémoire. Il lui semblait qu’à jamais il passerait ses doigts dans ses cheveux, caresserait sa nuque de bas en haut, empoignerait la peau douce au creux de sa taille.

La vie partait, doucement. Et puis soudain, dans le dernier rai de lumière qui parvenait à traverser ses paupières il le voyait. Le papillon.

Qu’il était étrange ce spectacle. Dans tous les sens du terme. Etonnant et étranger. Bizarre et inconnu. Surprenant et rassurant. Aussi émouvant qu’effrayant. Lorsqu’on manque à ce point de force tout devient presque insupportable, les yeux vont trouver refuge dans un simple détail.

Le papillon ! Il était là. D’abord une perception minuscule, d’infimes sensations comme l’usure douce du temps sur un objet immobile, comme une transparence qui danse au travers de feuille d’un arbre emporté par le souffle du vent et puis capable de chasser l’ombre profonde des nuages qui l’engloutissaient.  Ce mot MAGIC griffonné à la va vite prenait maintenant tout son sens.

Il vivrait. Il le savait. Il attendait le moment où, revenue dans son humanité, Marie allait se suspendre à lui, se fondre en lui, nicher sa tête dans le creux de son épaule.

Pierre souffrait encore mais ne se languissait plus que de l’enlacer, l’enserrer entre ses bras, l’emporter et faire de sa muse un territoire occupé, conquis, pris contre son immensité.

Il voulait tellement les vivre ces heures où  ses mains enfermeraient les siennes, où son regard bienveillant et doux accrocherait le sien, fragile et entièrement acquis.

Les heures viendraient où il la dévorerait, la lécherait, la mordrait, l’avalerait. Où elle serait à lui…

 

 

21/06 : Il était une fois Airelle…

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Chapitre XX

Airelle

 

Pierre reste coi, ce train… Marie… Psychemale…la forêt et maintenant trouver ce point cette latitude exacte sur laquelle Marie se trouve. Se sentir tour à tour mal, papillon, manipulé, endormi, dans un rêve, un cauchemar, extatique amoureux terrorisé ou curieux dans la réalité oui mais laquelle ? Le train file à l’allure du paysage qui n’accroche plus ses yeux. Il sent comme une lassitude. Tout est si confus réel ou irréel. Rien n’arrête ce train lancé à vive allure. Où va-t-il déjà ?

Passant la main dans ses cheveux il se penche les coudes posés sur ses genoux et se prend la tête un instant. Comment en est-il arrivé à ce stade … tant d’émotions pour se retrouver là toujours assis sur cette banquette à se demander comment on arrive à trouver du plaisir en fécondant un insecte incarné en Marie la belle et mystérieuse Marie. Ce mot dans la poche c’est de la magie, une incantation un sort jeté sur Pierre pour le confondre pour le tourmenter autant que lui donner un plaisir inédit ! Une sorte de puissance ensorcelante, pour le faire bouger, réagir, voir ce que personne ne peut percevoir. Oui mais quoi pourquoi ? Tout ceci semble si vrai… Enfin arrivé à la station.

Il doit se réveiller se connecter à la réalité, Pierre prend ses affaires et commence à descendre du wagon, son épaule et son bras gauche lui font mal, il s’est sûrement mal appuyé dessus pendant ses délires «psychemale ». Il s’insère dans la foule aussi machinalement que les gens autour de lui. Les voix, les bruits lui sont familiers, mais quelque chose semble différent. Il lève la tête et regarde en balayant la foule du regard. C’est peut-être lui qui est différent avec ses allers et retours dans la magie et la réalité, il est encore un peu sous le choc… les émotions. Sa douleur à l’épaule irradie sur son bras et sa poitrine mais il n’y fait pas attention. Il doit redescendre sur terre, la journée sera longue. La main dans la poche le papier serré entre ses doigts, il continue d’avancer dans la foule. Il entend quelque chose, une voix… des voix des milliers de voix qui parlent et se mélangent. Mais personne ne parle, seule résonne la musique dans les hauts-parleurs. Il comprend alors qu’il entend les pensées des gens ! La voix dans le haut parleur annonce la date du jour le 18-06-11, Pierre comprend enfin ce 18-06-11 est en fait la date du jour. La violence de la douleur dans sa poitrine le rappelle à la réalité de son corps. Une crise cardiaque, c’est une crise cardiaque !!

20/06 : Il était une fois Iotop…

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Octopus Typewriter sculpture “Self Organization »,  Courtney Brown

 

Chapitre XIX

Iotop

 

MAGIC ? MAGIC ? Il avait un vague souvenir d’un groupe nommé Queen et ce fameux morceau « A king of Magic ». Quel rapport ? Et cette Marie : manipulatrice ? Possible. L’incertitude de sa vie prenait des directions qui se signaient dans le bénitier de la folie et la raison écumeuse lacérée par les récifs des récits de son cerveau encore allumé par le désir de respirer l’horizon de la normalité.

Et ce papillon qui se multipliait à l’infini devant ses yeux. Il souffrait comme un damné de ne pouvoir pleurer. Il souffrait de… Marie… qui revenait comme un leitmotiv… il se refusait à toute passion, à toute intoxication et pourtant il avait cette impression qui le taraudait à présent : « Je fais souvent ce rêve étrange et pénétrant / D’une femme inconnue, et que j’aime, et qui m’aime… ».

Marie était-elle un vestige ? Un mirage tout simplement ? Ce mot MAGIC prenait son sens… sa vie aussi… et puis au surgissement de ces mots : « Quand on n’a que l’amour/Pour unique raison », les papillons changèrent de couleurs et le bleu scintilla comme un appel en fond sonore : « Et si tu n’existais pas / Dis-moi pourquoi j’existerais ». Il hurla de cette rage de prisonnier encagé… il était ensorcelé… ou… ou il eut comme un effet atomique dans son cerveau… s’il était simplement un clone ? Un clone !

Alors, à cette évidence nouvelle, il n’y avait pas ce retour de temps à 6h47, il n’y avait pas non plus cette secousse à répétition 18.0611, ni ce Georges son patron Boss pour un jeu vidéo… rien de rien. Il était Pierre et ce morceau de papier au PSYCHEMALE, treize fois écrit à l’intérieur de ce même mot énigme, n’était pas anodin. Il était la vraie la clé pour retrouver Marie, la vraie et non ce clone qui le parasitait.

Il restait deux lettres à compléter… il fallait garder une certaine liberté… latitude… de vue, ne pas s’embrouiller plus avant l’esprit… Oui, le mot LATITUDE était bien placé. Fallait-il trouver les coordonnées… et cet espoir de retrouver Marie, l’originale…

 

19/06 : Il était une fois Popins…

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Chapitre XVIII

Popins

Son ascension lui paraissait interminable. Des images terribles lui envahissaient l’esprit. Des hommes branchés à de gigantesques machines tournoyaient inertes dans les airs, le cœur battant visible au travers de leur thorax, leur sexe recouvert de papillons qui allaient et venaient arrachant un morceau de peau à chaque fois. Certaines verges étaient à vif. Marie continuait de lui parler et de le rassurer. “ Ne t’inquiète pas, tout ira bien. Je suis là.

Pierre s’accrochait à ses paroles pour tenter de s’apaiser. Il continuait de monter inexorablement, il avait le sentiment d’étouffer. La mer, de plus en plus lointaine, semblait désormais n’être qu’une mare bordée de verdure.
Tout à coup, ce fut la chute. Brutale, rapide, inéluctable.

C’est une main sur son épaule qui lui fit reprendre ses esprits. Il était toujours dans le train. La blonde aux cheveux d’or lui parlait, il fallut quelques instants à Pierre pour que ses mots prennent sens.
—Vous vous êtes endormi puis vous vous êtes mis à hurler. Ne vous voyant pas vous réveiller, j’ai cru bien faire. Excusez-Moi.
—Vous avez bien fait, lui répondit-il péniblement.

Il avait l’impression que son crâne allait exploser. Des flashs lui revenaient en tête. Maud, Irène, l’hôtel, la forêt, la boite de nuit, les secousses et Marie. Tout se mêlait dans son esprit. Suis-je en train de devenir fou ? se demandait-il.
Un cauchemar, tout cela n’est qu’un cauchemar tentait-il de se persuader. Il fouilla dans sa poche et y trouva le petit morceau de papier plié. Psychémale. Alors tout ceci est bien réel ? Marie, explique-moi.

—Comment connaissez-vous mon prénom ? Le questionna sa réveilleuse voisine.
—Pardon ?
— Vous venez de prononcer mon prénom. Avant de vous expliquer quoi que ce soit, c’est peut-être vous qui me devez des explications.

Pierre la regardait éberlué. Il n’avait rien à perdre . Il rassembla ses souvenirs et lui raconta son histoire. Marie l’écouta attentivement sans le moindre signe qui pourrait témoigner de son incrédulité. Elle semblait le croire sur parole. Elle prononça juste ces mots :

— C’est beau et magique tout cela. L’amour c’est de la magie.
— Magique ? répéta machinalement Pierre.

Les yeux de Marie se révulsèrent. Une secousse l’emportait. Celle-ci avait quelque chose de différente des autres. Quelque chose de plus. Soudain elle le sentit en elle. Des petites bulles d’abord, puis comme la pointe d’un minuscule doigt à l’intérieur de son ventre. Enceinte, elle était enceinte. Pierre était bel et bien en danger dès qu’ “ils” l’apprendraient. Il lui fallait le protéger. Il se souvenait de tout. Elle devait continuer les signes. 

Dans un écran de fumée elle disparut. Pierre était stupéfait. Un papillon volait derrière la vitre. Il l’observa jusqu’à ce qu’à s’en user les yeux.

Il prit son carnet et ajouta MAGIC. C’était insensé mais il approchait du but, il en était convaincu. Sans même savoir lequel.

 

18/06 : Il était une fois Alexandre…

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Chapitre XVII

Alexandre

Courir mais pour aller où ? Aucun chemin n’était tracé. Devant lui des taillis semblaient l’enfermer. Pierre se mit à courir droit devant lui, se protégeant des branches qui lui fouettaient le visage, ses bras marqués de stries rouges qui le brulaient. Courir, courir encore plus loin, comme lui commandait toujours cette voix qui résonnait dans sa tête. Courir malgré les ronces qui lui lacéraient les jambes, courir malgré les chausse-trappes posées par les racines. Il se sentait comme une  bête traquée que les chasseurs poursuivent jusqu’à l’épuisement.  Il avait l’impression que la forêt voulait le retenir et l’ensevelir à jamais. Il trébucha plusieurs fois, se relevait, le souffle à moitié coupé pour reprendre sa course. Tenir était devenu sa seule obsession.  Tenir pour survivre était son nouveau crédo.

Il avait perdu toute conscience du temps qui s’écoulait. La gorge en feu, il  commençait à sentir ses muscles se durcir, le sang martelait ses tempes, des gouttes de sueur lui piquaient les yeux, sa chemise lui collait à la peau, son pantalon était déchiré.  La peur de disparaitre à jamais commençait à le tenailler. Il avait l’impression de devenir fou et qu’il s’enfonçait encore davantage dans la forêt. Jamais il ne trouverait une issue. Il avait envie de s’arrêter et de s’allonger sur le sol, épuisé. De toute façon « ils » avaient  gagné. Alors la voix de Marie se faisait entendre et, encouragé, Pierre relançait sa course folle. Il reprit courage en voyant soudainement  l’horizon s’éclaircir. Dans un dernier effort, il sortit de la forêt telle une bête sauvage à la recherche d’un refuge et se retrouva au bord du vide.

Un réflexe de survie le fit reculer, il était au bord d’une grande falaise, la mer venant frapper les rochers en contrebas. Plonger signifiait se suicider  et derrière lui,  la forêt grondait de mille cris, comme une armée menaçante prête à le tuer. C’était la fin. Il n’échapperait pas à la mort. Il se mit à frissonner.

— Fais-moi confiance, lui dit Marie, saute !

Pierre n’avait plus rien à perdre et se jeta dans le vide, les bras en croix. Là, porté par courant d’air chaud qui gonflait ses vêtements, il se mit à s’élever en altitude et à planer au-dessus des flots.

— Viens, viens Pierre, viens me rejoindre, lui murmurait Marie.