31/12 : La toute première comme dernière contrainte

Contrainte : Eléphant de mer, hôtel, luxure, Graal, plectre, miroir, juge, baltringue, winter

Cornelie_Tollens_fauteuil

Photographie de Cornelie Tollens

Un an déjà. Retrouvez ici les tous premiers oulimots.

Les oulimots d’un Joueur Parisien :

Vous dirais-je qu’il y a près d’un an j’apercevais un message sur un réseau social un message proposant un jeu d’écriture étrange à base de contraintes. J’étais à l’époque en train de me prélasser au bord de l’océan tel un éléphant de mer, non pas dans un hôtel mais chez des amis. Ce défi d’écriture me procura d’intenses plaisirs et jouissances et devait à ce titre rejoindre les sept péchés capitaux auprès de la luxure. Qu’aurais-je donc fait pour cela d’un plectre ?

Il ne me reste au bout d’un an qu’à me pencher vers mon miroir magique et lui demander, miroir, mon beau miroir, mes mots sont-ils toujours les plus beaux ? Mais hélas, il est un juge impitoyable et impartial et me traitera de baltringue pour avoir osé poser une telle question.

Pour l’année à venir il ne me reste plus qu’à arrêter d’écrire et passer mon temps à écouter Ophélie Winter.

Le blog d’un Joueur Parisien

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Les oulimots de Faffwah :

C’était le soir de la Saint Sylvestre et il était là, dans la chambre d’un appart hôtel miteux, avachi sur son lit comme un éléphant de mer sur sa plage. De la compagnie ? Elle se résumait à quelques packs de bières, une pizza et Into Darkness de Winter. Il n’arrivait plus à supporter que ce genre de musique. Seul ce massacre de cordes par un plectre impitoyable parvenait à le soulager. Sa vie partait complètement en vrille.

Et pourtant tout avait si bien commencé. Il avait intégré une équipe dynamique, sur un projet passionnant. Bref, il lui semblait avoir trouvé son Graal professionnel. Et puis un nouveau directeur avait été nommé. Il était sympa au début. Et puis il y avait eu ce repas d’équipe où les conjoints avaient été conviés. Et Madame n’avait rien trouvé de mieux que de succomber aux avances de ce baltringue. Oh, ça avait été intéressant au début. Partager son épouse avait toujours été un fantasme. Et la prendre, alors qu’elle sentait le foutre d’un autre après qu’elle fût rentrée d’une nuit de luxure, avait été une révélation.

Hélas, l’amant s’était vite avéré possessif au point de la persuader de le quitter. Et son influence était telle que la convocation du juge pour un divorce à l’amiable ainsi qu’un ordre de mission à l’autre bout du pays étaient rapidement arrivés dans la boîte aux lettres. Lutter ? C’eût été le pot de terre contre le pot de fer. Alors il s’était plié à l’un comme à l’autre. Et il était donc parti pour ce qu’il avait cru être une compensation offerte par son hiérarchique.

Ce n’en était pas une. Il avait rapidement constaté que le poste n’était qu’un miroir aux alouettes et qu’il avait été en réalité placardisé. Ce fut alors une rapide dégringolade dans les profondeurs de l’ennui. Et voilà où il en était. Tout espoir semblait perdu.

Soudain on frappa à la porte. Il alla ouvrir. Une créature, tout de noir vêtue se dessina dans le chambranle. Il eut du mal à reconnaître la demoiselle de l’accueil sous les traits de la prêtresse du doom metal qui s’était jetée sur lui :

— Classe ton boui-boui. Et carrément canon la musique. Tu me plais. Je le savais que tu étais un mec bien malgré tes airs de cul serré au boulot. Si tu me files une bière je te fais la meilleure pipe de ta vie. Je vais te la bouffer jusqu’aux couilles.

Il lui tendit une canette. Elle la descendit cul sec avant de s’occuper de son pantalon et de le pousser sur le lit. Il constata rapidement qu’elle n’avait pas exagéré. Il jouit dans sa bouche. Trop vite à son goût. elle se redressa :

— Voilà, poireau dégorgé de son trop plein. On va pouvoir jouer maintenant. Donne-moi une autre bière que je me rince le gosier.

Il s’exécuta. Le réveillon prenait une nouvelle version qui lui plaisait beaucoup. Et il se prit à imaginer la tournure que pourrait prendre sa vie après ça. Il sourit.

Le blog de Faffwah

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Les oulimots de Iotop :

Tableau qui représente un juge en habit de travail

J’ai le poster d’un éléphant de mer collé sur ma porte de salle de bains. Ma femme. Non, je plaisante … je ne suis pas marié. Quoi qu’il en soit, je ne rêve pas … cet hôtel est bien particulier qui offre pour chaque porte de ses chambres des posters inattendus … celui de ma chambre par exemple représente très explicitement la luxure… une chambre c’est prendre position d’un lieu et pas obligatoirement en levrette, par exemple … et puis le mobilier original comme cette coupelle couleur or avec l’inscription en relief : “Ici le Graal”… et puis cette petite verge d’ivoire nommée plectre … tandis que le miroir, rond, à son approche ne fait pas reflet de votre image mais de vos pensées … et cet immense tableau qui représente un juge en habit de travail, le regard inquisiteur à la De Funès … et cette petite sculpture d’un personnage à l’air baltringue … qui … oui … je viens de m’en apercevoir … me ressemble étrangement …

A ce moment-là, on frappe à la porte. J’ouvre. J’en crois pas mes yeux. C’est Ophélie Winter. Mon idole, ma femme idéale …

— Ressemblante, hein ? Vous ne trouvez pas ?

En fait, c’est une poupée gonflable que vient m’apporter en personne le patron de l’hôtel.

— Vous ne serez pas déçu … dernier modèle toutes options.

Je prends livraison comme chaque semaine, d’une partenaire différente, c’est mon petit plaisir de célibataire … maintenant que le client raque s’il se fait pincer … cet hôtel particulier est idéal … pour moi…

Le blog de Iotop

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Les oulimots d’Alexandre :

Il ne me reste plus que mes yeux pour pleurer. Me voici condamné à passer le restant de ma vie emprisonné pour un crime que je n’ai pas commis.
Monsieur le juge, j’avoue, j’ai couru après toutes les femmes dont je suis tombé amoureux. Je les ai toutes invitées, qui un après-midi, qui un week-end à partager une chambre dans un hôtel où souvent un grand miroir renvoyait l’image d’ébats enflammés.
Oui Monsieur le juge, j’avoue avoir entraîné des femmes mariées dans le plaisir de la chair et la luxure recopiant à leurs intentions des poèmes d’amour rappelant nos rendez-vous clandestins avec pour compagnons
« Le cri sec des grillons, infatigables plectres,
Et le roucoulement rauque des tourtereaux. »

Je croyais monsieur le juge avoir atteint le Graal en rencontrant Laure, cette maîtresse femme pour laquelle je m’aurais fait tuer.  Je garde un souvenir ému de notre périple en Californie, où nous eûmes la chance d’admirer une colonie d’éléphants de mer. Hélas, à vos yeux, je ne suis plus qu’un baltringue puisque vous me croyez coupable.
Désormais je pourrai dire comme Sinclair Lewis : « Winter is not a season, it’s an occupation ».

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