S6 7/02 : Une contrainte qui zozote

Contrainte :Gris, rouge, iode, bruine, gras, opaque, boue, blanc de bœuf, zozoter(-ment)

day 152 by meghan davidson

Photographie de Meghan Davidson

Les oulimots auto-contraints de Dom Vauvert :

Elle et Moi 

Gris                       Derrière toi, [il]

Rouge                  La Rose

Iode                      Ton goût

Bruine                  Quelques matinées

Gras                     Ton irrévérence

Opaque                Tes méandres

Boue                     Cochon d’Bourguignon

Blanc de bœuf    Un jour en Belgique

Zozotement.        Nuit d’ivresse

****

Les oulimots de Pidgy :

Perrine était servante !

“Le gras, c’est la vie !” dit en riant Perrine en versant des frites dans le blanc de bœuf bouillonnant. Il fait sombre dans sa cuisine mais elle dégage une telle vitalité qu’elle semble illuminer toute la pièce.

Il y a comme une bruine légère pendant la cuisson de la friture. Je ferme les yeux et je hume cette odeur qui va imprégner nos vêtements et nos cheveux. C’est bon les frites mais tu en profites encore bien après les avoir dégustées !

Il fait gris dehors ! C’est le plat pays ici ! La pluie a déposé son décor de boue dans les champs alentour et recouvert d’un manteau opaque tous les paysages. Mais pas de quoi noircir nos esprits ! Les yeux luisants et les joues rouges, nous attendons sagement que la première tournée atterrisse dans nos assiettes ! Le grésillement joyeux de la friture nous fait deviner les délices à venir.

“Vite Perrine ! Nous avons faim!” arrivent à zozoter les plus jeunes ! Sages mais impatients de saisir à pleine main ces petites baguettes jaunes, luisantes et ruisselantes. Les frites, c’est un rituel dans la nord ! Et pour peu qu’on y ajoute l’iode des moules alors la messe est dite et toute la tablée entre en communion ! L’âme d’un pays se retrouve souvent autour d’une table, dans une cuisine chaude, avec des assiettes bien remplies ! Le vent, la pluie et le diable peuvent bien crier dehors, tant qu’il y aura des frites, des moules et de la bière, les rires et la joie de vivre ne les laisseront pas envahir nos esprits !

“Allez Perrine, c’est prêt ! Dépose le tout sur la table et viens faire la fête avec nous !

Le blog de Pidgy

****

Les oulimots de Airelle :

Aussi mortel que l’abus de blanc de bœuf, aussi opaque qu’une bruine s’affalant sur l’Île de skye, rien ne peut arrêter un cœur en désamour

Tout devient boue, gras et gris oubliant les jours remplis d’iode et de rouge passion.

Ce zozotement, si mignon par le passé, devient le son le son plus agaçant que l’ouïe ne peut supporter.

C’est distillé doucement de sensations désagréables en déceptions, de pardons usés en attaques rangés de mots acerbes saunant aussi faux que juste.

Ce tout que l’on supporte de soi. Ce tout inadmissible est en l’autre. Triste jeu que celui de s’aimer. Triste mur que l’on pressent arriver aussi violemment qu’un coup de foudre. Nous savons, mais n’admettons pas. Et l’amour s’invisible jusqu’à ce que la haine s’en mêle…

****

Les oulimots de EtSiOnSEnAllait :

Là où les couleurs avaient cessé d’aller

Ici, le soir, dans la pénombre des bars enfumés, baignés dans l’odeur de blanc de bœuf brûlé, on a la mâchoire dégarnie d’avoir mangé du poisson séché trop dur. Et les habitants de cette île du bout du monde crachotent et zozotent ces fables où les couleurs se sont perdues dans un autre monde, faute de ne pas avoir réussi à voyager assez loin. Et que c’est pour cela que les maisons grises semées sur les roches anthracite et les eaux de l’océan noir forment un camaïeu triste mais terriblement hypnotique.

40 jours déjà que Geøff était arrivé ici. 40 jours à douter. 40 jours dans la nuit de l’hiver austral. 40 jours dans ce trou de Risøyhamn. A se laisser finalement convaincre des explications locales, à perdre le souvenir des teintes chaudes et vives. A sombrer encore plus quand le brouillard opaque de l’hiver jette sur les rares rayons de lumière un filtre supplémentaire.

Mais cette nuit-là, il ne dort pas. Un appel peut-être, un instinct ou une intuition l’empêchent de trouver le sommeil. Il lui fallait sortir de cette auberge-enclave. Malgré le froid, il s’aventure hors du village. Il ne sait pas vraiment où aller, mais se laisse guider par la lumière des Etoiles sur ce chemin boueux, à la terre grasse. Celle qui colle aux chaussures et qui rend chaque pas lourd. Celle qui fait mesurer l’effort, qui transforme la déprime en énergie, en rage, en force pour pousser quelques pas de plus.

Le temps ne compte pas, le temps n’est pas. Le temps ennemi car il laisse l’incertitude s’installer, s’enraciner. Il avant, droit devant lui, sans mesurer, sans réfléchir.

En arrivant au bout du chemin, il ne sait dire combien il a marché, où il est. Le chemin s’arrête là, simplement : la terre lourde est devenue roche lustrée par la bruine, le silence pesant est devenu chahut du ressac des vagues. Impossible d’aller plus loin.

Alors Geøff se pose. Il s’assied, humant l’iode de cet air nouveau. Les yeux fermés, pensant à tout ce qui l’avait poussé à en arriver là. Inspirations profondes, repli sur ses convictions intimes. Il sent l’oppression le quitter, doucement. Et lors d’une dernière respiration plus intense que les autres, il ouvre doucement les yeux.

Il voit alors le soleil rouge, brûlant se lever au dessus des nuages. Couleurs intenses, explosion de sensations, éblouissement saturé. Les quasi-certitudes grises le quittent. Et Geøff se trouve pris d’un Vertige coloré : nouveau moment, nouveau printemps.

Le blog de EtSiOnS’EnAllait

****

Les oulimots de De La Vega :

Quand, sous l’effet de la chaleur, ta bruine incandescente s’élève en caressant mon visage d’une iode appétissante.
Quand sublimé par l’effort le gras fond, je m’abreuve de ton nectar opaque.
En toi, je vois disparaître mon « blanc de bœuf » dans une fiévreuse ébullition.
Puis délicieusement, le rouge se mêle au blanc. « C’est la fin du tourment. »
Le gris n’est plus. Peu à peu, mes coups de cuillère devenus inconscients, subliment la métamorphose à l’œuvre et ne laissent apparaître qu’une boue brune exquise. Un met délicat qui en ferait même zozoter le malheureux frappé d’agueusie.

A table !

****

Les oulimots de Faffwah :

Elle était une des habituées de ce club bien que nul n’eût jamais entendu le son de sa voix. Pourtant elle faisait partie des membres les plus actifs des lieux, se mêlant à qui lui plaisait sans arrière pensée ni tabou. Les raisons pour lesquelles elle y venait seule et restait systématiquement muette demeuraient opaques mais tout le monde s’en accommodait avec tact tant la gentillesse et la classe émanaient d’elle.

Jusqu’à ce jour où un nouvel arrivant, coopté par on ne savait qui et visiblement ivre, l’invita à boire en sa compagnie en portant sa main bien trop haut sur sa cuisse. Elle lui lança, sans mot dire, un regard éloquent quant au fait qu’elle déclinait sa proposition. Mais l’importun se croyait vraiment en pays conquis et insista lourdement Ce qui fit qu’elle dut user de sa voix avec fermeté, sans toutefois se départir de son calme. Ce qui, hélas, eut pour effet de trahir le léger zozotement qu’elle avait toujours voulu cacher. Piqué au vif, l’homme qui, décidément, était dépourvu de la moindre délicatesse, lui lança dans un rire gras que c’était plutôt un poil de bite qu’un cheveu qu’elle devait avoir sur la langue à en croire la rumeur. Le tout dans une immonde bruine de postillons. La manœuvre était basse et elle se sentit littéralement traînée dans la boue. Au point qu’un bain de teinture d’iode n’eût pas suffi à la désinfecter de la présence de ce goujat. Alors son regard, habituellement doux, se mit à luire d’une étrange façon, d’une dureté que l’on ne lui avait jamais connue auparavant, et, de sa bouche, sortirent les mots les plus abominables envers le malotru. Elle alla notamment jusqu’à inviter ce dernier à s’asseoir sur la bouteille de Listel gris qu’il avait à la main et à affirmer qu’elle serait disposée à lui offrir le blanc de bœuf nécessaire à ce  qu’il l’accepte tout entière.

Bien qu’accoutumé aux pires conversations de vestiaires et de bar, l’homme devint rouge de confusion et battit piteusement en retraite. On ne le revit jamais et, de nouveau en bonne compagnie, elle put reprendre, en silence, le fil de ses envies.

Le blog de Faffwah

****

Les oulimots de Ssslll2 : chut un pétale

IMG_20190206_144155-01

Spleen

Tu crois que c’est marrant toi de rester toute la journée dans la boue?

A se faire tremper par la bruine et les embruns iodés ?

Tout ça pour faire du gras; tirer les mamelles… et se faire croquer les côtes par des bipèdes irrespectueux ?

Non d’abord je ne suis pas rouge ni grise ni opaque … je suis marron Monsieur le bœuf !

Marron et blanche car je suis Normande qu’on se le dise !

Tu peux toujours zozoter à mes côtés; regarder ma robe tachetée ! Non tu ne me grimperas pas dessus !

****

Les oulimots de Domino :

Tu peins sur mon corps ton désir d’artiste

Tu étales la bruine de ta passion d’illusionniste

Tu colores l’iode de tes idées versatiles

Tu déposes les gris, les rouges de tes humeurs fantaisistes

Tu badigeonnes de boue mes extravagances et caprices

Tu barbouilles de blanc de bœuf en vagabondage altruiste

Tu dessines les gras et les mous au fil du voyage intimiste

Tu zozotes tes jubilations opaques de jocrisse

Pour finir anéanti par les plaisirs illicites

Le blog de Domino

****

Les oulimots de Ragnarr :

IMG_20190203_161625

« Saude comme une baraque à frites » …

Je l’entend encore zozoter l’expression …  Et m’affirmer que, pour être bien comprise, elle impliquait d’avoir vécu la fièvre la plus torride d’un famedi foir  à la « boîte à sel » de Ronchin, un container aménagé en cuisine et adulé pour l’exceptionnelle qualité de ses patates, frites dans le blanc de bœuf.

Il azoutait qu’on en prenait subtilement la mesure  rien qu’à la large auréole sous-aisselle qu’arborait la patronne et à sa multitude de médailles de sueur,  de gras et de rouge de ketchup qui maculaient un tablier couleur teinture d’iode, comme autant de récompenses aux coups d’éclat d’un champ de bataille, illuminant le gris ambiant, la boue et la bruine du pays des Bruants.

Une explication bien opaque quand même ! Car, de là, à faire de l’expression, le maître étalon du stimulus érotique !  Il y avait plus d’un pas, que pourtant, plus d’un mâle en rut s’empressait de franchir pour imager l’ardeur féminine affectée à d’autres tâches que celles dites ménagères.

****

Les Oulimots d’un Joueur Parisien :

Le ciel était gris, il marchait sur le quai regardant la mer du Nord bien loin de son sud natal. Il aurait aimé pouvoir s’asseoir sous les platanes de son village pour boire un verre de rouge en parlant de tout et de rien avec les vieux du village. Il songeait au soleil de son Midi, aux heures passées près de la Méditerranée, il en sentait encore l’iode lui caresser les narines. Mais ici le soleil était absent, loin derrière les nuages et la bruine. Il se traîna jusqu’au bistro le plus proche. Le patron seul derrière son bar le regarda entrer, un petit bonhomme d’une cinquantaine d’années, bedonnant, vêtu d’un T-shirt à la propreté douteuse, mal rasé, les cheveux gras. L’établissement était à son image, les tables couvertes de traces non identifiable, la vitrine opaque de crasse, et au sol de traces de boue. Il s’assit sur un tabouret, s’accouda au bar et demanda au patron ce qu’il pourrait manger à cette heure. Le patron lui proposa des frites cuites au blanc de bœuf dans un abominable zozottement. Elles furent délicieuses, la soirée n’était donc pas totalement pourrie !

Le blog d’un Joueur Parisien

****

Les oulimots de Iotop :

Inversement au carré de la prise de courant sans prise de tête

Il est gris, il est jaune, il est rouge. Ce n’est pas Michael Jackson, un Chinois ou un communiste. Non, non. Qu’on ne s’y trompe pas, l’iode de la connaissance ne sale pas que les ignorants même si la bruine du savoir s’éparpille sur les vents du commun des mortels, le gras du n’importe quoi sait huiler toutes les pensées banales, bancales, verticales, globales, rivales, totales, magistrales, voire, surtout, intellectuelles …

Voilà en quelques mots l’état du monde tel que je le connais en trois couleurs … par ouïe dire, c’est-à-dire, à ce niveau-là … opaque. Inversement au carré de la prise de courant sans prise de tête : qu’est-ce que le monde sans information ? Une onde qui ne dit pas son nom, un fantasme, un conte, une légende, un rêve, une peur, un mot qui contient toutes les aventures … et possiblement une indifférence, et pour quelques uns une échappatoire à la création de tous les possibles … et voilà ce qu’il me tarde de connaître …

En attendant une régénération, un retour à la conscience humaine, je me contente d’une communication de boue dépravée qui ne dit pas son nom qui s’infiltre dans tous les interstices des vies communes … ou non d’ailleurs, et par effet transmet une consistance poisseuse, pire, un reflet dont la conscience s’effraie de blanc de bœuf par essence indigeste et qui s’invite à nos tables … et j’entends un zozotement dans le coin gauche de mon oreille en perdition entre mes écouteurs qui me dit :

— T’as perdu ton cerveau ?

Le blog de Iotop

****

Les oulimots de Popins :

Un ciel si gris

Elle est craquante et fondante Margot, comme une frite cuite dans le blanc de boeuf. Nous marchons sur les bords du canal, nos godasses pleines de boue, sous la bruine qui m’empêche de la bécoter dans l’herbe grasse. Pourtant je suis plein d’envies. Je rêve de mordiller ses fines lèvres rouges et mêler ma langue à la sienne. Je désire peloter ses petits seins et faire durcir ses tétons. Je brûle de lui écarter les cuisses et de me régaler de sa mouille iodée. J’aspire à une jouissance synchrone, nos yeux se parant d’un voile opaque de plaisir. Je veux qu’elle me dise “Ze t’aime” avec son zozotement si particulier qui signe chacun de ses mots. 
Je la veux. Je l’espère. Je la désire. Je bande.
Mais Margot, elle fait que de me parler d’un autre.
Je l’écoute et je pleure, à l’intérieur .
Je lui pardonne, à Margot, comme à ce ciel si gris.
Pourtant, je déteste la pluie. C’est vous dire comme je l’aime.

Le blog de Popins

Publicités

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s